Nouvelle claque. L’Algérie arrive à la 136e place sur 183 pays en matière de facilitations des affaires, selon le rapport «Doing Business 2011: agir pour les entrepreneurs» rédigé par la Banque mondiale (BM) et la Société financière internationale (SFI), publié jeudi 4 novembre 2010. Ce nouvel classement défavorable au climat des affaires contraste largement avec le discours des officiels algériens.
L’Algérie occupait le même rang en 2010. Le rapport Doing busines est une enquête annuelle qui mesure l’environnement réglementaire des affaires et son application effective à partir de 10 indicateurs à travers un réseau de plus de 7 000 experts indépendants ou correspondants. A ce titre, et hormis deux indicateurs, l’Algérie est un mauvais élève. Notre pays est classé à la 150e place en matière de création d'entreprises, à la 113e place s’agissant de l’octroi de permis de construction, véritable parcours du combattant. Obtenir un permis de construire reste un exercice éreintant nécessitant 22 formalités, selon le rapport de Doing Business.
Pour ce qui est du transfert de propriété, l’Algérie est très mal lotie (165e rang). Pour l’obtention d’un crédit, l’Algérie caracole à la 138e position et à la 168e pour l’indice de paiement des impôts. Elle arrive à la 124e place pour l’indice de la facilitation du commerce transfrontalier et à la 127e place pour l’indice de l’exécution des contrats. A peine si l’économie algérienne se trouve-t-elle au milieu du tableau pour l’indicateur de fermeture des entreprises (51e) et la protection des droits et des intérêts des investisseurs (74e). Bref, en Algérie, le climat est peu propice au business.
Tunisie, champion au Maghreb
Au Maghreb, la Tunisie tire son épingle du jeu en faisant cette année un bond de 3 places au classement de Doing Business 2011 pour se placer à la 55e place à l’échelle internationale et 5e au niveau de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. L’économie tunisienne a le plus facilité, entre autres, le paiement des taxes et impôts en adoptant des systèmes électroniques de paiement, indique le même rapport de la BM. La Tunisie devance largement le Maroc qui a progressé de la 114e place à la 128e l’année précédente. La Mauritanie est accréditée de 165e rang mondial alors que la Libye ne figure pas dans le classement. En Afrique, l’Ile Maurice reste le pays africain le mieux classé, 20e rang sur 183, et devance ainsi l'Allemagne et la France. Les rapporteurs de la Banque mondiale ont recensé 49 réformes mises en œuvre dans 27 pays d'Afrique subsaharienne et 22 dans 11 pays du Maghreb et du Moyen-Orient.
Singapour, premier de la classe
Sur le plan mondial, les règles sont respectées. Pour la cinquième année consécutive, le Singapour demeure la région la plus propice pour faire des affaires, suivie par Hong-Kong, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et les États-Unis. Inutile de chercher la France dans les premières places, étant classée 26e. En général, les pays à revenu élevé et membres de l'Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) offrent les meilleures conditions pour les entrepreneurs. En bas du tableau, on y trouve presque tous les pays de l’Afrique, excepté l’Afrique du Sud (34e rang mondial).
Si le rapport Doing Business étudie les normes qui s'appliquent aux entreprises d'un pays au cours de leur cycle de vie, particulièrement leur phase de démarrage et exploitation, leurs échanges commerciaux transfrontaliers, le paiement de leurs impôts et taxes et leur fermeture, en revanche il ne tient pas compte de certains aspects importants du climat des affaires, à savoir la sécurité, la stabilité macroéconomique, le niveau de corruption ou la solidité des systèmes financiers.
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