Mauvaises prestations, accueil lamentable, prix excessivement élevés, les établissements hôteliers d’Algérie sont tout sauf accueillants. Ce n'est pas un opérateur touristique étranger qui en fait le constat, mais plutôt le ministre algérien chargé du département du tourisme. 90 % du parc hôtelier national (1200 établissements privés et publics) ne répond pas aux standards internationaux, a révélé, jeudi 25 novembre, Smail Mimoune, ministre du Tourisme et de l'Artisanat lors de la séance plénière du Parlement.
Seule une petite poignée, soit 120 hôtels, peut se prévaloir d’un certain rang mondial en matière de qualité d’hébergement et de services offerts aux clients.
Qualité de services ne répondant pas aux normes requises et sous-qualification des employés du secteur sont autant de griefs retenus par le ministre à l’encontre de beaucoup de dortoirs, qualifiés pompeusement « d’établissement hôtelier ». Cette situation, conjuguée à une promotion insuffisante de la destination Algérie ainsi qu'au déficit en infrastructures hôtelières, donne l’image d’un secteur obsolète, a laissé entendre Smail Mimoun. Constat amère. Dire que depuis plus de dix ans, les officiels algériens n'ont de cesse de vanter les mérites d'un pays qui a retrouvé paix et stabilité, d'une Algérie qui a redoré son image sur le plan international. Une vue de l'esprit? Une supercherie? Laissons le ministre étaler ses vérités.
Depuis 2009, 50 hôtels ont été classés entre deux et cinq étoiles dans le cadre de l'opération de classement du parc hôtelier national, a-t-il ajouté. L’opération devrait se poursuivre pour toucher des hôtels déclassés en raison de carences enregistrées en matière d'accueil et de prestations, a encore expliqué le ministre. Environ 851 hôtels, soit 55,5 % du parc national, sont des établissements sans étoile, avait soutenu Smail Mimoun en octobre dernier sur les ondes de la Radio nationale.
Par ailleurs, le ministre n’a pas manqué de critiquer les prix appliqués dans certains hôtels à longueur d'année. Des prix qui devraient être adaptés selon les saisons. Aussi, il a affirmé qu’il entend revoir la tarification des prestations hôtelières du secteur public. Une étude est en cours de réalisation avec l'entreprise de gestion hôtelière (Gestour) pour réviser les prix appliqués.
Alger la capitale compte quelque cinq hôtels classés répondant, plus ou moins,aux standards internationaux.Certes, mais les prix qui y sont pratiqués - pas moins de 17 000 dinars (234 dollars) la nuitée -, rebutent les touristes. Ces hôtels de grand standing sont fréquentés essentiellement par des hommes d'affaires et des clients fortunés.
Le gouvernement algérien avait décidé d’une réduction de la TVA de 17 à 7 % sur les services liés aux activités de tourisme et d'hôtellerie au même titre que l'exonération de la taxe sur l'activité professionnelle (TAP) pour le chiffre d'affaires en devises. Selon le ministre cette réduction contribuerait à faire baisser les tarifications des prestations hôtelières.
Le parc hôtelier national dispose actuellement d'une capacité d'accueil de 93000 lits. Le gouvernement compte réaliser des capacités supplémentaires de 75 000 lits vers 2015. Dans le courant du mois d'octobre 2010, le ministre du Tourisme indiquait que 2 millions de personnes ont visité l'Algérie au cours de l'année 2009 sans pour autant préciser si ces personnes sont entrées en Algérie dans le cadre du tourisme ou s'il s'agissait de ressortissants algériens revenus au pays pour des vacances. Cette fréquentation avait généré des rentrées en devise de l'ordre de 330 millions de dollars. A titre d'exemple, le Maroc a accueilli en 2008 près de7,9 millions de visiteurs contre 7 millions pour la Tunisie. C'est dire que le ministre algérien du Tourisme peut parler de mauvaises prestations et d'accueil lamentable...
Sabrina Boubekeur
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