Sept ans de prison requis contre Cheb Mami.

 

La star franco-algérienne du raï est accusée d'avoir voulu forcer son ex-compagne à avorter. Il lui a "demandé pardon" jeudi soir, avant les réquisitions. Le jugement est attendu ce vendredi après-midi.

Sept ans de prison ont été requis jeudi par le procureur du tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis) contre la star franco-algérienne du raï, Cheb Mami, 42 ans, accusé de tentative d'avortement forcé de son ex-compagne, à qui il a "demandé pardon".

Son maintien en détention a également été demandé.

"Je regrette tout ce qui s'est passé. Je lui (victime) demande pardon, je regrette", a lancé le chanteur avant la suspension de l'audience peu après 23H00.

Le procureur Ophélie Champeaux a également requis six ans de prison et un mandat de dépôt contre Michel Lecorre (Maurice Lévy, l'ex-manager de Cheb Mami), qui comparaissait pour les mêmes motifs.

Le jugement doit être rendu vendredi vers 15H00, a annoncé le président du tribunal Jean-Dominique Launay.

Huit ans de prison ont été demandés à l'encontre d'Hicham Lazaar, l'homme de confiance du chanteur, et dix ans contre Abdelkader Lallali, soupçonné d'être son homme de main, tous deux absents et présentés par le procureur comme des "exécutants". La magistrate a requis la délivrance de mandats d'arrêt contre eux.

Des "violences d'un autre âge"

Au cours de son réquisitoire, Mme Champeaux a qualifié Cheb Mami et son ex-impresario de "co-organisateurs" de "violences d'un autre âge".

Cheb Mami, Mohamed Khelifati à l'état-civil, "est l'instigateur de ces actes ignobles, de ces actes barbares. C'est lui qui avait intérêt, pour son image en France et en Algérie, de voir ce ventre vide", a fustigé Mme Champeaux.

Ecroué à la prison de la Santé à Paris depuis lundi après deux années de fuite en Algérie, Cheb Mami encourt dix ans de prison et 150 000 euros d'amende.

Il lui est notamment reproché des "violences" avec des circonstances aggravantes en 2005 à l'encontre d'une photographe de presse de 43 ans, avec laquelle il entretenait une liaison.

En août 2005, Camille -le prénom a été changé à la demande de la victime - affirme avoir été amenée de force dans une villa à Alger après qu'elle eut annoncé sa grossesse au chanteur qui n'en voulait pas. Elle dit y avoir été droguée et séquestrée, affirmant que deux femmes et un homme ont tenté de lui faire un curetage. Elle a finalement donné naissance à une fillette aujourd'hui âgée de trois ans.

"J'ai été insultée 'sale chienne salope, t'as fauté'. Ils m'ont balancée sur le matelas et m'ont arraché le pantalon. Il y avait deux femmes à califourchon. On m'a fait trois piqûres, une (femme) appuyait sur mon ventre et l'autre me mettait la main dans le vagin et grattait", a raconté Camille à la barre.

"Contraire à mes principes"

Durant l'audience Cheb Mami a reconnu sa responsabilité, avouant en sanglots "sa faute grave", mais avait dit avoir été "piégé". "J'étais dépassé", a-t-il dit en sanglots. "C'est contraire à mes principes, à ma religion. Je n'arrive pas à l'expliquer. J'ai fait une faute, c'est grave, le cauchemar. Je n'étais pas dans la villa mais je savais ce qui se passait", a-t-il admis.

Il a ensuite fait porter la faute à son ex-impresario: "C'était l'idée de Michel" Lecorre. "J'ai accepté dans la panique (...) Mais je n'ai rien fait pour l'arrêter", a-t-il admis. "C'était la honte pour moi d'avoir un fils ou une fille illégitime, un enfant ça se fait à deux. Je ne voulais pas de cet enfant", a expliqué le chanteur.

Pour l'un de ses conseils, Me Claire Doubliez, Cheb Mami "a comme tout le monde sa part d'ombre et de lumière".

Dans la matinée le tribunal avait procédé à l'examen de la personnalité de celui qui fut le premier et seul chanteur de raï à remplir Bercy. D'après le rapport d'expertise, Cheb Mami "ne présente aucun trouble de personnalité".

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/sept-ans-de-prison-requis-contre-cheb-mami_771889.html

Commentaires (0)

Aucun commentaire pour l'instant, soyez le premier à laisser un commentaire.

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau