Le phénomène n'épargne aucune région du pays - En deux mois, 26 cas de suicide et 183 tentatives…

Bien que ses motivations soient cernées au plan sociologique et médical,le phénomène du suicide n'en demeure pas moins problématique car, malgré toutes les connaissances humaines, l'acte reste difficile à prévenir du fait de son caractère imprévisible.

On sait des individus suicidaires mais on ne connait pas avec précision le moment où ils peuvent mettre fin à leur existence ou tenter à le faire, et c'est ce qui complique en fait la tâche des préventeurs.

Demeuré sujet tabou depuis des années, et donc tu pour des raisons sociologiques profondes liées tant aux croyances qu'à la foi religieuse, le suicide est devenu sujet d'inquiétudes ces dernières années qui ont vu la survenue de nombreux actes suicidaires à travers l'ensemble du pays.

Le phénomène n'est plus confiné aux seules régions du centre, la Kabylie notamment qui a détenu pendant plusieurs années de suite de triste records en la matière ; il touche pratiquement toutes les wilayas. Pour les deux derniers mois écoulés, les statistiques de la sûreté nationale sont très édifiantes. Ainsi, durant le mois de septembre, 13 cas de suicide sont survenus dont 2 à Tiaret, 1 à Adrar, 1 à Oran, 1 à Biskra, 1 à Guelma, 1 à Aïn Defla et 1 à Tlemcen.

Il s'agit de 10 hommes et de trois femmes dont on ne connait pas l'âge, les statistiques ne l'ayant pas mentionné.  Pour la même période, les services de police font état de 92 tentatives de suicide impliquant 68 femmes et 24 hommes.

Une lecture rapide des tableaux statistiques montre une forte prévalence dans les wilayas d'Alger (12 cas), Tiaret (10 cas), Tlemcen (9 cas) et Oran (7 cas). Suivent de près les wilayas de Blida, M'sila, Boumerdes et Tipasa qui totalisent chacune 5 cas. Chlef, Jijel, Mascara, Bouira, Tizi Ouzou, Djelfa ont connu chacune 4 tentatives.

Curieusement, durant le mois d'octobre, le nombre de suicides et de tentatives de suicide est pratiquement identique à celui du mois qui l'a précédé. Sur les 13 suicides enregistrés, Chlef, Mostaganem et Alger se partagent le haut du tableau avec 2 cas chacune.  Les 7 autres wilayas ayant enregistré chacune 1 cas de suicide sont Constantine, El Oued, Bordj Bou Arreridj, M'sila, Skikda, Tizi Ouzou et Batna. Par répartition de sexe, ce sont 8 hommes et 5 femmes qui ont mis ainsi fin à leurs jours.

Pour ce qui est des tentatives de suicide, il a été également enregistré 91 cas durant le mois d'octobre, soit un cas de moins qu'en septembre, impliquant 24 hommes et 67 femmes. Les statistiques ne donnent pas de précision sur l'âge des concernés, mais la palme, si l'on peut s'exprimer ainsi, est revenue aux wilayas de Tlemcen et Tipasa qui ont connu chacune 11 tentatives de suicide. Alger et Chlef en ont enregistré 7 tandis que Mascara, Oran et Tiaret en ont vu 6 chacune.

Des conclusions à tirer ? En l'absence d'autres éléments d'appréciation, notamment l'âge, la condition sociale et économique ainsi que le milieu dans lequel évoluent les victimes, il est impossible de saisir les motivations profondes ayant poussé à ces actes.
Toutefois, il faut constater le fait est que le phénomène touche de façon indistincte les grandes villes, les moyennes agglomérations et le milieu rural.

Et cela est suffisant pour prendre au sérieux une question qui, sans pour autant constituer un problème de santé publique, n'en reste pas moins préoccupante à bien des égards pour les conséquences tragiques qu'elle ne manque pas d'entraîner dans tous les cas de figure.

Par A. Laïb

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Commentaires (1)

1. Bachir L. 02/11/2009

Bonjour,
Le journaliste a écrit:

En l'absence d'autres éléments d'appréciation, notamment l'âge, la condition sociale et économique ainsi que le milieu dans lequel évoluent les victimes, il est impossible de saisir les motivations profondes ayant poussé à ces actes.


Il n'est pourtant pas difficile d'imaginer les motivations de ces personnes qui se suicident ou tentent la harga vers l'étranger:
1-L'incapacité du gouvernement à prendre en charge ces désespérés!
2-Le chômage et la crise du logement!
3-Les interdits religieux imposés par les islamistes à des jeunes qui rêvent de liberté et d'amour!
4-Les pressions des familles face à ces jeunes qui ne trouvent pas d'emplois !
5-Les lois répressive de la dictature d'Etat!

Ce ne sont pas les motivations qui manquent à ces hommes et femmes victimes de mal-vie ,de frustrations ,de déceptions ,de hogra qui se heurtent à des portes closes et à l'indifférence d'une société en déclin!

Voici ce que le peuple a hérité d'une guerre de libération pour laquelle sont tombés plus d'un million de martyrs!

Les responsables de ce désastre sont les dirigeants successifs qui se sont appropriés des fortunes colossales et ont assurés l'avenir de leurs enfants ,petits enfants pour plusieurs générations tout en méprisant le peuple de la rue!
Bachir L.

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